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Ré-inventer la culture du Sainfoin…

Christelle CAILLOT
Agricultrice
Vice présidente SAINFOLIA
responsable du GIEE

GIEE « LE SAINFOIN , UNE PLANTE AGROÉCOLOGIQUE
(Groupement d’intérêt économique et environnemental)

Labellisé février 2017

Mission :
Coordonner nos travaux agronomiques et apicoles liés à la culture du sainfoin.

Douze fermes pionnières dans la culture du sainfoin sont réunies autour des partenaires de la filière.

J’ai décidé d’introduire du sainfoin dans les rotations d’assolement de l’exploitation en 2008 lorsque j’ai repris l’exploitation familiale. J’ai trouvé intéressant d’ajouter une nouvelle culture. plutôt devrais je parler d’une ancienne plante, abandonnée par mon grand-père dans les années 60. Je suis passée de 4,5ha de sainfoin en 2008 à 20ha en 2017 (soit 10 % de mon exploitation), ce qui montre que je suis vraiment optimiste quant à l’avenir de cette culture.

« Pionnière » du renouveau du sainfoin, il m’a fallu réapprendre à le cultiver. L’ensemencement, désherbage, techniques de semis, maladies éventuelles… quelques
échecs passés, nous sommes arrivés à un itinéraire cultural satisfaisant ! De 3t ha à 12t ha, nous avons travaillé notre expertise et aujourd’hui la moyenne sur 3 ans se situe aux alentours de 10t/ha.
Économe en intrants. Outre l’avantage d’avoir une légumineuse supplémentaire
dans les rotations, le sainfoin est très peu gourmand en intrants. jamais d’azote sur cette culture. Nous avons découvert avec la mise en place d’essais qu’il n’a pas besoin de potasse et très peu de phosphore (50 unités). Depuis 9 ans que je cultive du sainfoin, il ne m’a jamais été nécessaire de faire un insecticide ou un fongicide, c’est une plante très rustique.

En général, derrière le sainfoin, je sème du blé qui jusqu’à présent s’est toujours révélé très bon, tant au niveau quantitatif que qualitatif. De plus, et dans la mesure où je ne laboure pas mes parcelles, le sainfoin, grâce à son système racinaire, s’élimine très facilement avec un passage d’outil à dents pour le semis du blé qui suit.
Le temps de travail du sol est grandement réduit par rapport à un blé de luzerne. Stabilité des prix. D’un point de vue économique, la coopérative travaille à garantir un prix fixe déconnecté de la volatilité des matières premières, en particulier des céréales et oléagineux, cet accord me permet de pouvoir avoir un peu de visibilité sur mes prévisions de trésorerie.

Le sainfoin est également un véritable petit bijou en matière de biodiversité.
Hautement mellifère, tous les insectes à la recherche de pollens présents dans la plaine semblent se rassembler dans les champs de sainfoin : papillons, abeilles, syrphes, guêpes, mouches… et leurs prédateurs également. C’est ainsi que la ferme apicole est née avec les adhérents de la coopérative Sainfolia. Une expérience très enrichissante qui permet aussi d’imaginer notre métier d’agriculteur de façon plus transversale, sans négliger l’idée de valoriser ce miel pour ramener de la compétitivité à cette plante…